Formazione e clinica nel gruppo terapeutico

PSYCHOTHERAPIE DE GROUPE HOMOGENE ET BREVE DANS LA CLINIQUE ET DANS LA FORMATION
José Guimon


1. DUREE ET COMPOSITION: DEUX VARIABLES INTERCONNECTEES
Du point de vue de leur composition, les groupes des patients peuvent être hétérogènes ou homogènes, en fonction des caractéristiques socio-démographiques et des diagnostics des participants, qui peuvent être différents ou semblables. Un groupe multifamilial d'un centre publique ambulatoire et un groupe de patients schizophrènes chroniques d'un hôpital seraient des exemples du premier type, alors qu'un groupe de psychothérapie groupale analytique ambulatoire serait composé, de manière mixte, de patients hétérogènes quant au diagnostic mais homogènes quant aux variables socio-démographiques (âge, sexe, niveau culturel et économique, etc.).
En ce qui concerne le diagnostic que présentent les participants aux groupes homogènes, il est possible de suivre les catégories proposées par certains auteurs [DeRubeis, 1998 #847] dans le domaine des études sur l'efficacité des psychothérapies. En effet, ils ont regroupé les diagnostics psychiatriques, non gériatriques, suivant la nomenclature de la DSM-IV, en 10 problèmes cliniques: trouble d'anxiété généralisée, phobie sociale, trouble obsessivo-compulsif, agoraphobie, trouble panique (avec ou sans agoraphobie), trouble de stress post-traumatique, trouble dépressif majeur, schizophrénie, abus et dépendance à l'alcool et aux drogues. Dans un ouvrage recent nous proposons de regrouper les six premiers problèmes dans les " troubles d'anxiété ", et d'ajouter les " troubles alimentaires ", les " troubles de la personnalité " et les " troubles psychogériatriques ". Nous arrivons ainsi à 7 groupes de problèmes que nous reprendrons tout
D'autre part, la psychothérapie de groupe a été comprise, jusque récemment, comme un traitement de longue durée mais, au cours des dernières années, l'interet pour les psychothérapies de groupe à court terme a augmenté.
La durée est peut-être le facteur qui conditionne le plus les autres variables des activités de groupe. En effet, en essayant d'établir une typologie, on situera dans un extrême les groupes à longue durée et dans l'autre extrême les groupes à courte durée. Dans l'extrême de longue durée se situent les groupes à orientation psychanalytique. Le conducteur y a une attitude " analytique ", intervenant peu, restant plutôt passif, essayant de se dévoiler peu. Ces types de groupes sont en général hétérogènes au niveau du diagnostic et lentement ouverts. Les phénomènes de groupe ont une grande importance dans le déroulement de la psychothérapie et constituent tant les ingrédients thérapeutiques que les facteurs de résistance et ils sont fréquemment interprétés. On n'y fait fréquemment référence à l'enfance des patients et aux phénomènes qui se produisent dans le " ici et maintenant " de la séance de groupe. Leurs rêves sont interprétés, surtout ceux qui font référence au groupe.
A l'extrême opposé de la typologie, il y aurait le groupe de courte durée. Les groupes typiques sont ceux à orientation psychopédagogique. Le conducteur y participe de façon très active en se dévoilant et en donnant des conseils. Les groupes sont fermés. Les processus de groupe, bien qu'importants pour la bonne marche du groupe, ne sont pas trop pris en considération ni interprétés. Le transfert n'est pas un élément décisif. On souligne l'importance de généraliser à l'extérieur, dans la vie courante, l'apprentissage fait au cours de la séance. Les psychothérapies basées sur d'autres modèles conceptuels (psychothérapies dynamique, interpersonnelle, cognitive, comportementale, éducationnelle) se situent dans des espaces intermédiaires de la typologie.
Les groupes à long terme sont, donc, constitués de manière habituellement hétérogène, afin de pouvoir faire face à un large éventail de styles et de caractères, manoeuvres de défense, types de problèmes et entités diagnostiques. Par contre, les thérapies de groupe brève sont organisées en général dans des buts spécifiques qui déterminent les finalités et la sélection des patients, les groupes étant ainsi constitués de manière homogène. Du fait que les membres du groupe se centrent sur un problème commun, il y a un partage d'expériences plus facile, réduisant en même temps les conflits entre les participants, et assurant un appui mutuel plus fort de la part des membres du groupe.


2. LES PSYCHOTHERAPIES GROUPALES BREVES

La psychothérapie brève a été définie comme étant focalisée et limitée dans les buts et dans le temps. Le thérapeute utilise des critères de sélection spécifiques aboutissant à l'établissement d'un contrat détaillé, se montre actif en développant rapidement une alliance thérapeutique et adopte une attitude optimiste, évaluant périodiquement les résultats.
On admet habituellement que 25 séances représentant la limite supérieure pour des thérapies dynamiques brèves mais, dans la pratique, la marge varie entre 1 [Bloom, 1992 #901] et 40 . On a cependant plutôt tendance à parler aujourd'hui d'" efficace quant à la durée " (time-effective) ou d'" efficace quant aux coûts " (cost-effective). plutôt que de brève.
Une récente enquête faite aux Etats-Unis (Davidovitz et al. 1995) a montré que 84% de tous les cliniciens déclaraient pratiquer un genre de thérapie brève. Les thérapeutes d'orientation psycho-dynamique avaient une préférence pour appliquer les thérapies à long terme ou de longueur modérée et occupaient moins d'heures en thérapie brève que ceux qui avaient d'autres orientations théoriques. Ils étaient tout de même responsables du quart de toutes les thérapies brèves réalisées aux Etats Unis, tout en se sentant moins habiles pour les utiliser et en les trouvant moins efficaces que leurs autres collègues. En fait, ils étaient moins entraînés à ces techniques même s'il est pourtant clair que les thérapies brèves exigent un entraînement spécialisé dans leur propre méthodologie (Bauer et coll., 1987 ; Levenson, 1994). Ces réflexions amènent à la conclusion qu'un nombre important de thérapeutes dynamiques sont en conflit, exécutant un travail bref auquel ils ne croient pas et sans y être entraînés spécifiquement, ce qui peut mener à les démoraliser (" burn-out syndrome ").
En fait, la thérapie brève n'est pas bien perçue par les thérapeutes habitués à travailler en profondeur et à long terme et qui ont, en général, une attitude perfectionniste, pensant que " plus est mieux " et désirant produire des changements profonds dans la personnalité de leurs patients. D'après certains auteurs ils ressentent fréquemment eux-mêmes des conflits à la suite des séparations et des pertes, des engagements avec de nouveaux patients ; et manifestent le désir que les patients aient besoin d'eux ; ils craignent d'autre part des problèmes économiques et se sentent peu sûrs par rapport aux techniques récentes. Par contre, pour pratiquer la psychothérapie brève, le thérapeute doit être capable d'accepter qu'en général la guérison n'est pas possible, que la vie elle-même apporte des changements, que certains changements peuvent avoir lieu après la thérapie, qui peut être utile mais parfois nuisible, et que le fait d'être au monde est parfois plus utile que d'être en thérapie (Bolter et al. 1990). D'autre part, ces résultats montrent également que les cliniciens ayant une orientation dynamique (à l'opposé de ceux qui ont été entraînés au modèle cognitivo-comportemental) pensent que la thérapie est indispensable pour que des changements aient lieu, qu'il faut avoir des buts ambitieux, etc., ce qui laisse supposer que même si l'approche brève versus longue a un rapport avec les attitudes thérapeutiques, l'orientation théorique joue aussi un rôle important.


3. L'ETENDUE DE LA PRATIQUE DES GROUPES BREVES ET HOMOGENES

Une enquête faite aux Etats-Unis a montré que 84% de tous les cliniciens déclaraient pratiquer une forme quelconque de thérapie brève. Les thérapeutes d'orientation psycho-dynamique avaient une préférence pour appliquer les thérapies à long terme ou de longueur modérée et occupaient moins d'heures en thérapie brève que ceux qui avaient d'autres orientations théoriques. Ils étaient tout de même responsables du quart de toutes les thérapies brèves réalisées aux Etats Unis, tout en se sentant moins habiles pour les utiliser et les trouvant moins efficaces que leurs autres collègues. En fait, ils étaient moins entraînés à ces techniques même s'il est pourtant clair que les thérapies brèves exigent un entraînement spécialisé dans leur propre méthodologie. Ces réflexions amènent à la conclusion qu'un nombre important de thérapeutes dynamiques sont en conflit, exécutant un travail bref auquel ils ne croient pas et sans y être entraînés spécifiquement, ce qui peut mener à les démoraliser (" burn-out syndrome ").
En ce qui concerne l'Europe, une étude que nous avons faite en Suisse nous permet d'avoir une idée sur les carateristiques des groupes groupes brèves et homogènes en comparaison avec les groupes hétrogènes quant au diagnostique
En ce qui concerne la durée, les groupes longs (40.0%) sont plus souvent menés selon une seule référence théorique (73.1/ 53.2%***) et l'orientation psychodynamique est fréquemment mentionnée (65.1/ 35.4%***). Ces groupes comprennent souvent des patients aux diagnostics divers (72.6/ 52.5%**), de façon privilégiée les diagnostics de troubles de la personnalité (45.7/ 28.1%***), troubles anxieux (41.1/ 31.2*) et psychose (18.3/ 10.6%*). Ils sont surreprésentés en pratique privée (36.8/ 23.7**) et en hôpital de jour (8.0/ 2.7*).
Quant au diagnostique,38.6% des groupes incluaient des patients avec un seul diagnostic. Ceux comprenant des patients psychotiques (14.3%) étaient plus fréquemment de longue durée(53.3/ 37.8%*), ayant lieu à l'hôpital psychiatrique (27.5/ 16.1%*), et avec une orientation psychodynamique (60.9/ 44.1%*). Ceux qui rassemblaient des malades dépressifs (38 %) groupaient des adultes (86.7/ 75.2%**) ou des personnes âgées (11.6/ 5.9%*) et étaient réalisés dans une référence plutôt psychodynamique (54.3/ 41.7**). Lorsque les patients présentaient des troubles anxieux (35.1% ), les groupes étaient plutôt de durée longue (46.8/ 36.3%*), se déroulant souvent en cabinet privé (39.4/ 22.6%***), avec la mention d'une référence psychodynamique (55.3/ 41.7%**). Les patients avec des troubles de la personnalité (35%) étaient traités en général dans des groupes de longue durée (51.9/ 33.5%***) et d'orientation plutôt psychodynamique (61.0/ 38.5%***); les troubles alimentaires (22,5%) dans des groupes comportant des adultes (87.6/ 77.3%*) ou des adolescents (28.6/ 15.0%**) ; et les abus de substances (22,3%) dans des groupes constitués surtout d'adultes (97.1/ 74.7%***), ayant lieu à l'hôpital psychiatrique (31.5/ 13.8%***), dans des orientations cognitivo-comportementale (44.4/ 33.0%*) ou humaniste (23.1/ 10.6%**). Finalement, les troubles somatiques étaient: traitées dans des groupes de durée brève (88.9/ 58.2%**), d'orientation souvent cognitivo-comportementale (67.9/ 33.6%***).


4. LES INDICATIONS DES GROUPES HOMGENES QUANT AU AU DIAGNOSTIC

Kes auteurs classiques considèraeint (Yalom ) que les personnalités schizoïdes, les Mois chaotiques, les illettrés émotionnels, les dépressifs, les hystériques graves et les psychopathes doivent être écartés de la psychothérapie analytique de groupe. Pour certains auteurs, l'homosexualité et les troubles psychosomatiques sont des contre-indications, alors que d'autres les ont traités avec succès de cette manière. Les patients déments, paranoïdes, narcissiques, hypocondriaques, suicidaires, toxicomanes ou alcooliques, psychotiques aigus et sociopathes sont aussi de mauvais candidats, étant donné qu'ils ne participent pas à la tâche primaire du groupe. Néanmoins, des groupes spécifiques homogènes destinés à des psychotiques, des déficients mentaux, des malades chroniques, des alcooliques et des toxicomanes ont été formés. C'est effectivement avec ce type de malades que les traitements groupaux se développent de préférence dans les institutions psychiatriques hospitalières ou, à mi-chemin avec des procédures modifiées. Mais, à un moment donné de leur évolution, ces patients peuvent bénéficier des traitements groupaux, strictement ambulatoires, dans des groupes homogènes .
D'autre part, récenment, plusieurs études ont décrit des interventions groupales pour des personnes qui présentaient une maladie physique spécifique telle qu'un herpès génital (Brob, 1986) un cancer (Rawzy et coll. 1990 ; Fawzy et coll. 1990) ( Rorester et coll 1993) ou une infection HIV (Kelly et coll. 1993) ou encore des problèmes sociaux tels que maltraitance au sein du couple (Palmer, 1992) ou inceste (Alexander et coll. 1989).. Des études ont également été faites sur des groupes homogènes pour les problèmes psychiatriques tels que la psychose, le deuil (Piper, 1992), l'anxiété, la dépression (Bubnan et coll. 1988), l'agoraphobie (Ebann et coll.,1991) ou la personnalité évitante (Alben, 1989).
La durée du traitement de ce type de groupes est de deux jours à quinze semaines avec un nombre de séances de deux à vingt-quatre, une fréquence de une ou deux fois par semaine (généralement une) et une durée oscillant entre 80 minutes et un jour complet (d'habitude 90 minutes).
Budman et Gurman [Budman, 1988 #906] considèrent que des groupes qui travaillent pendant un maximum de 70 séances peuvent aussi être considérés comme brefs s'ils ont pour but d'offrir un traitement efficace à des personnes qui présentent des troubles importants de relation interpersonnelle, pourvu il y ait une limite temporelle pré-déterminée et que le groupe ait un focus bien défini traité dans le temps le plus court. Même s'il est difficile de considérer un groupe qui dure une année ou plus comme bref, ce temps est beaucoup plus court que celui offert à une personne ayant des difficultés interpersonnelles avec groupe traditionnel, par exemple dans les troubles borderlines. Bien la différence entre la durée brève et longue se fasse en général par le temps, une différence fondamentale existe encore, c'est-à-dire la nature du but thérapeutique. Les buts de la thérapie brève doivent être clairs et limités, son succès n'étant pas garanti dans le cas contraire. Par contre, les résultats sont bons (Mc Callun et Peter, 1990) lorsque la cohésion est rapidement atteinte, que le focus est clair, que les limites temporelles deviennent conscientes, que le thérapeute est actif, que le focus est établi autour des relations et que le comportement est présent. En fait, la plupart des groupes utilisent ce que Dies [Dies, 1992 #621] appelle une approche orientée vers l'action, qui utilise des techniques cognitivo-comportementales.


5. QUELQUES QUESTIONS TECHNIQUES

Malgré leur efficacité, les groupes brefs ne sont pas beaucoup utilisés dans les programmes de managed care parce qu'il existe plusieurs barrières à leur utilisation : la façon de travailler du thérapeute, l'acceptation du patient et la logistique existant pour la mise en place des groupes brefs dans un contexte de managed care.
D'un point de vue technique, le début et le maintien de ces groupes est plus difficile à obtenir que quand il s'agit de traitements longs car, lorsqu'un patient abandonne un de ces groupes, il doit être remplacé par un autre patient ayant des problèmes analogues. C'est en raison de cette difficulté que les groupes brefs ne peuvent être organisés de manière réaliste que dans les institutions ayant beaucoup de patients, où le groupe constitue une partie importante d'un programme de traitement.
Ezriel (1950, cité par Mackenzie, 1990) avait adapté aux thérapies de groupe les idées de French (1954) sur la Psychothérapie dynamique brève mais, c'est seulement à partir des années 80 que les travaux publiés à ce sujet ont été examinés et organisés. Les données fournies se rapportaient surtout à des expériences réalisées dans des unités où se faisaient des hospitalisations psychiatriques brèves (Maxmen, 1984 ; Yalom, 1983 ; Rafaelsen, 1989 ; Guimon, 1989), dans le cadre de groupes de " rencontre " [Lieberman, 1972 #346] et dans celui de programmes spécifiques, comme par exemple ceux consacrés à une tâche de conseil et d'aide aux patients ayant subi un infarctus ou boulimiques (Mc Callum et Piper, 1988). Ezriel (1950), suivant en cela les conceptions de Bion, décrivait sous ce nom les tensions surgissant dans les groupes à la suite des " pulsions relationnelles " réprimées ("avoided relationship"), dont l'émergence fait naître la crainte ("calamitous relationship") et qu'il faut résoudre ("required relationship"). Il adaptait ainsi à la situation de groupe le concept de " conflit nucléaire " proposé par French.
Des essais ont été faits pour racoucir la durée des thérapies analytiques dans le travail ambulatire. MacKenzie (1994 ) affirme que les techniques de groupe psychodynamiques et interpersonnelles traditionnelles peuvent être modifiées pour une utilisation limitée dans le temps sans sacrifier les valeurs de base et avec une efficacité évidente. Pour s'adapter à un environnement de pratique plus rigoureux d'un point de vue budgétaire, le clinicien a besoin d'entreprendre un processus de transition difficile à établir. Notre tâche, en tant que professionnels, dit-il, consiste à nous préparer à ce défi et à informer le système d'assistance sanitaire que des directives de pratique spécifiques sont nécessaires pour mener à bien un traitement efficace pour nos patients.
Dans cette ligne de pensée, McCallum et al. [McCallum, 1993 #884] ont developé un groupe de thérapie groupale à court terme et psychanalytiquement orienté ..Tuttman-(1997 ), Président de la AGPA, signale que les practiciens à inclination psychodynamique attirent l'attention sur le fait que l'efficacité du traitement de groupe est en relation avec la qualité et la solidité de " l'alliance thérapeutique ". Mais le pouvoir des adminiènesstrateurs-fournisseurs de déterminer la disponibilité du traitement peut détériorer le lien thérapeutique, si vitalement nécessaire pour qu'une thérapie soit efficace et effective.


6. L'ENSEIGNEMENT DES GROUPES BREVES ET HOMOGENES

Il y a une veintaine dannées la formation des thérapeute groupales exigeait la participa tion des candidats à des groupes de préfrence héterogènes (avec des patients si possible) et à orienation, en géneral, psychanlytique. Bien qu ceci continue à ^tre à notre avis très désirable, la realité des services publiques exige l'entrainement d' un grand nombre de professionnels en tehcniques d dréelimitée et avec peu des résources
Dans le but d'offrir aux professionnels de la Santé mentale du Pays Basque la possibilité d'examiner leurs relations interpersonnelles, nous avons lancé, en 1982, un Cours général consacré au Travail de groupe [Guimón, 1982 #1155]. Nous avons eu des contacts avec l'Institute of Group Analysis de Londres et le programme se déroula selon deux modalités : soit un cours d'introduction au Travail de groupe, qui s'est déroulé chaque vendredi après-midi, en deux séances d'une heure et demie chacune pendant 32 semaines, soit un ensemble de séminaires séquentiels ou chacun des séminaires permettait de suivre une expérience de 18 heures pendant les trois jours de la fin de semaine, entre 4 et 8 fois par année. Le cours s'est répété depuis lors chaque année avec fréquence hebdomadaire à Bilbao et il a été suivi d'un programme de formation complète en trois ans.
Des activités, identiques à celles décrites ci-dessus, ont été mises sur pied à Barcelone. Le programme se développe pendant six séminaires intensifs dans le cas du programme de formation de " Spécialiste en activités de groupe ", ou au cours de huit séminaires intensifs pendant deux ans de plus dans le cas du programme consacré au "Master en psychothérapie analytique de groupe". Ils se déroulent du vendredi au dimanche.
Plus de 1.400 professionnels ont participé à cette formation en Espagne
En 1994, afin d'établir un " milieu thérapeutique " ayant une orientation de "communauté thérapeutique ", dans les unités de soins du Département de Psychiatrie de Génève, ou grand nombre de groupes se développe dans les différentes unités avec des orientations théoriques différentes, gérées par différents professionnels de la santé mentale. Nous avons" développé un programme en "bloc" pour l'enseignement interdisciplinaire (psychiatres, infirmiers et psychosociaux). Notre but était de fournir une expérience de participation personnelle non seulement à un groupe, mais aussi à une "communauté didactique" qui permette le vécu de certaines expériences propres aux communautés thérapeutiques. Le cours s'est développé à travers 4 séminaires de 4 jours incluant chacun petits groupes, grands groupes, heures de théorie et de supervision du travail groupal fait par les participants.
Les300 professionnels qui ont participé à Genève et dans d'autres cantons travaillent surtout dans des services psychiatriques publiques mais aussi dans la pratique privée et das d'autres services sociaux. En ce qui concerne la durée, la majorité ont participé durant un an à la formation quoique quelques-uns y ont participé pendant 2 ou 3 ans.
Tant les experiencs de Bilbao que celles de Barcelonne et Genève [Guimón, 1985 #369] ont mobilisé un élément d'intégration important chez les professionnels de la Santé mentale de différentes équipes, en leur fournissant un lieu de rencontre et un cadre théorique de référence commun très utile à tous.. Le parallélisme avec le "milieu thérapeutique" qui se développe dans les salles d'internement bref est indubitable.
Des séminaires de supervision ont permis une vision de l'institution dans son ensemble ainsi que des équipes thérapeutiques. Nous partageons tout à fait l'expérience de Frankel [Frankel, 1993 #821] qui a créé un groupe de formation de travailleurs en santé mentale qui, à leur tour, mènent des groupes de patients. Il a étudié, en s'appuyant sur les conceptions théoriques à propos des relations d'objet, les effets de l'identification projective sur différents environnements " contenants ". Le fait de détecter le jeu compliqué d'identifications mutuelles entre le conducteur et les participants des groupes didactiques améliore la compréhension de ces mêmes phénomènes dans les unités de soins.
D'autre part, nous avons recueilli notre experiece avec des groupes homogènes de courte durée que nous pratiquons depuis plusieurs années dans un livre qui apparaitra prochainement Masson, Paris). Nous ne prétendons dans cet ouvrage, faire une description détaillée des procédures, soit un véritable "Manuel", semblable à ceux qui ont été élaborés pour différents types de psychothérapies individuelles (cognitivo-comportementales [Beck, 1979 #1054], interpersonnelles [Klermann, 1984 #1055], psychodynamiques [Winston, 1994 #1056] ou groupales [Piper, 1992 #1057], [Dies, 1994 #989]. Nous nous contenterons donc d'offrir un " guide " dont le but est d'essayer d'intégrer les différents mouvements qui ont été développés surtout au cours de la deuxième moitié de ce siècle, en partant des premières expériences psychanalytiques pour arriver aux groupes focaux d'aujourd'hui, en passant par les " groupes de rencontre " des années 70 aux Etats-Unis.


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(**). Le 1er chiffre entre parenthèses indiquera pour chaque trait typique le pourcentage du groupe concerné, le 2ème le pourcentage de l'ensemble des groupes ne présentant pas cette modalité. Le test du c2 a été utilisé. La significativité est indiquée ainsi : * p< .05 / ** p< .01 / *** p< .001

 


 

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